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Tél. 01 41 95 00 15
  Jury Arthuro'Fil 2002
Jaquette du livre "En l'abscence des hommes" : Besson, Philippe En l'abscence des hommes,
Philippe Besson
Ed. Julliard
18,14 €
Elu par le jury des lecteurs de l'association Arthuro'Fil.
  Bibliothèque Idéale
Tous les coups de cœur Arthur sont à redécouvrir dans l'index des auteurs de la Bibliothèque Idéale
 

> Eté 03

Prix des lecteurs d'Arthur 2003:

"Le non de Klara" de Soazig Aaron, ed. Maurice Nadeau.

 

jaquette le non de klara


 

Soazig Aaron, jeune auteur, née à Rennes, a écrit là un premier roman absolument bouleversant.Sous la forme d'un journal rédigé sur une durée de 45 jours, la narratrice, Lika, nous livre l'innommable horreur qu'a vécu Klara son amie de toujours et belle-sœur, tout juste revenue du camp d'Auschwitz.La douleur de la jeune juive allemande est infuse partout, dans son attitude, sa démarche sa lenteur, sa difficulté d'élocution, son discours discontinu, irraisonné, son obstination…Lorsque l'on revient de " là-bas ", plus aucune vie n'est possible. C'est la mort intellectuelle, sentimentale, sensuelle. Klara est morte, il ne reste d'elle qu'une enveloppe.
" Là-bas ", le nom en est indicible, c'est l'autre côté, c'est l'enfer. " De là-bas, on ne revient pas ", c'est un monde sans vie, sans mots. Si l'on revient, c'est une erreur, l'être n'est plus qu'un lambeau de corps sec, aride, vide. Klara revient mais n'est pas rendue à ses proches.C'est parce-que Klara a dit non qu'elle a survécu à la monstruosité du camp. La seule possibilité qui lui reste est de continuer à dire non, non aux siens, non au passé, non à la vie, non, même à la petite Victoire.Ce récit est-il authentique ? Lika nous révèle l'indicible cauchemar de Klara 50 ans après la Shoah. Peut-être la fiction transcende-t-elle ici la réalité et fait de ce roman une montagne d'émotion.

Muriel Natan
Club de lecture Arthuro'fil


Prix découverte 2003:

"Femme du monde" de Didier Goupil, ed. serpent à plume

 

jaquette femme du monde  

C'est un étrange petit roman qui, en catimini, nous y fait entrer par le dénouement (nous sommes en 1945). On nous présente " Madame " qui vit seule, boit du thé fumé et n'aime que les bains brûlants. Grande bourgeoise agaçante pense-t-on. " Monsieur ", quant à lui, joue au croquet et fume le cigare, un " landlord " arrogant et cynique qui, pendant la guerre se trouvera du mauvais côté… ou du bon. C'est selon. A mi-parcours, le roman bascule dans l'horreur et Madame n'est plus que la matricule 168478.
Courte évocation des camps de la mort, mais terrible, à la limite du supportable.
Sauvée par un G.I., ce sera pour elle, après l'Amérique, le retour à Paris. On suit Madame d'hôtel en hôtel où elle donne chaque fois un nom de peintre. " Le mien est parti en fumée " dit-elle. Son arrestation, elle l'avait due à sa tentative de sauvetage des tableaux de maîtres raflés par les nazis.
Elle finira par se cloîtrer dans la plus minuscule chambre du Ritz. Etrangère désormais au monde, elle ne supporte plus ses contemporains qui refusent de l'entendre.
Dans un style minimaliste, maîtrisant les espaces et les non-dits, le traversant de cinglantes formules, Didier Goupil fait le récit de l'impossible réadaptation de ceux qui sont revenus de l'enfer. Très acide, mais bouleversant.

Mireille Fiori

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